Créola Banana Café Blackface

Blackface: le Banana Café annule sa soirée « Créole Banana » après une polémique sur le flyer

La pratique du blackface ressurgit régulièrement à la une des médias, à l’occasion de soirées étudiantes ou d’Halloween. Dernier exemple en date: le vénérable Banana Café a annoncé une soirée « Créole Banana », prévue le 29 novembre, avec un flyer où un homme blanc apparait grimé en personne noire.

Dans l’événement facebook, on pouvait également voir une vidéo, où cette fois-ci il y avait trois personnes, deux blancs grimés en blackface et un homme d’origine maghrébine. Les trois dansaient sur du Zouk Machine (capture ci-dessous). Gros malaise.

Embarras au Banana Café, qui a très vite annulé la soirée

Alors que les premiers commentaires scandalisés commençaient à apparaître sur l’événement Facebook, nous avons appelé Michel Michel, le patron du Banana Café, qui avait par ailleurs accueilli une soirée de l’association Paris Black Pride en juillet dernier. Nous lui apprenions manifestement l’existence de ce flyer black face et il s’est dit « désolé ». « C’était une idée de mon associé — Rudy Latchman — qui a grandi en Guadeloupe. Je vais leur demander de le retirer immédiatement », nous explique-t-il, embarrassé. Deux minutes plus tard, l’événement est effectivement supprimé. Nous avons pu joindre Rudy Latchman, qui se dit « déboussolé » par la polémique. « Je suis Guadeloupéen. J’ai emmené mon personnel en vacances en Guadeloupe l’an dernier et pour me remercier ils ont voulu faire une soirée à mon image, antillais et gay. Nous avons fait ce flyer qui se voulait être sur un mode ironique », explique-t-il. « Je ne connaissais le black face », reconnaît-il. « J’ai fait des recherches et je peux comprendre les réactions ». Pour couper court aux critiques, il a annulé la soirée.

« Le blackface est un maquillage sombre porté par une personne blanche dans le but de ressembler à une personne noire », rappelait en août dernier L’Obs, dans un article consacré à la pratique. Il a été pratiqué notamment au théâtre à la fin du XIXème siècle et au début du XXème. Le procédé était utilisé par des comédiens blancs dans le but de caricaturer des personnes noires. Ces derniers mois, le Conseil représentatif des associations noires (CRAN), présidé par Louis-Georges Tin, a mené campagne à plusieurs reprises pour dénoncer le blackface.