Pour vous, c’est quoi le bonheur d’être gay?

«Il est où le bonheur, il est où ?» dit la chanson. Vaste question. Et autant de réponses possibles que de répondants. Etre heureux en tant que gay en 2017 n’est pas chose aisée tant les défis sont majeurs. La communauté LGBT française s’est battue, et se bat encore, pour faire valoir ses droits. Les avancées sont là. Pas complètes et définitives, certes. Mais les gays vivent mieux qu’il y a 20 ou 30 ans. Hornet a voulu savoir quelle était votre perception du bonheur, ce qui vous rendait heureux aujourd’hui. Vous avez été près de 400 à répondre au questionnaire «Qu’est-ce qui te rend heureux ?» sur Hornet, avec Vers Paris sans sida. Rappelons d’emblée qu’il ne s’agissait pas d’un sondage portant sur un échantillon représentatif.

Libre mais…

A la question «  Ce qui te rend heureux (ou pas) », 66% des répondants se considèrent très heureux de pouvoir « vivre pleinement leur sexualité ». Chiffre qui tombe à un peu plus de 40% quand il s’agit de « Vivre ouvertement mon homosexualité ». Les débats du Mariage entre personnes de même sexe auraient-ils laissé des traces ? Pour preuve, la proposition « Etre ouvertement gay dans ma famille et au travail » qui compte presque 40% de réponses « Pas particulièrement heureux »…

Heureux à tout âge

Un quart des répondants a moins de 25 ans. Parmi eux, « Etre ouvertement gay avec tous mes ami.e.s » les rend très heureux à presque 50%, beaucoup plus que chez leurs ainés. Les moins de 25 ans sont 82% à se déclarer séronégatifs. Mais les moins de 25 ans sont aussi 15% à ne pas savoir ou ne jamais avoir fait un test de dépistage (contre 10% sur l’ensemble des répondants). Un peu plus de 10% des personnes ayant répondu au questionnaire a plus de 50 ans. « Vivre ouvertement mon homosexualité » les rend très heureux mais ils sont le groupe le plus important à plébisciter, à 58%, « La reconnaissance des droits LGBT ». La mémoire semble être primordiale pour les plus de 50 ans. En outre, ils sont plus de 26% à se déclarer séropositifs et seulement 5% à ne pas connaître leur statut sérologique ou à n’avoir jamais fait de test.

Séropos et séronegs ensemble

Le fait d’être séropositif ou séronégatif génère-t-il une appréhension différente du bonheur chez nos répondants ? Plus encore que pour l’ensemble des répondants, les séropositifs se trouvent « très heureux » de « vivre pleinement leur sexualité ». Ils sont 71% à le penser contre 65% chez les séronégatifs. A la question : « Si tu es séropositif, qu’est-ce qui te rend heureux dans ta vie sexuelle ? », c’est le traitement simple et sans effets secondaires qui est plébiscité à 79% (sauf chez les séropositifs de plus de 50 ans où le taux de réponses chute à 41%). Et paradoxalement, « Savoir que je peux me passer de préservatif grâce à l’effet préventif du traitement antirétroviral (TasP) » ne recueille que 39% des réponses. Déficit d’information ou fidélité aux outils de prévention plus classiques comme le préservatif ? A la question « Si tu es séronégatif, qu’est-ce qui te rend heureux dans ta vie sexuelle ? », les répondants ont répondu « Pouvoir parler ouvertement de mes pratiques avec mon médecin » à 46%. Leurs réponses sont beaucoup moins tranchées que celles des répondants séropos puisqu’ils situent les réponses « Avoir le choix de ma prévention grâce à la PrEP » et « Ne plus craindre la contamination avec un partenaire séropositif traité efficacement (TasP) » respectivement à 39% et à 35%. Il semblerait que les séronégatifs connaissent et apprécient de plus en plus la diversité des outils de prévention : le bonheur version 2017, quoi!

 

Dominique Chaudey

Image via iStock

Cet article a été rédigé par Hornet pour Vers Paris sans sida. Rendez-vous sur la page Facebook de Vers Paris sans sida