Delta et Bank of America retirent leur soutien au Public Theater à cause d’un Jules César ressemblant trop à Trump

This post is also available in: Anglais

Bank of America et Delta Air Lines annulent leur soutien financier au Public Theater à New York à cause  de sa dernière création de Jules César. Programmé dès lundi à Central Park dans le cadre de leur série Shakespeare in the Park, la production comporte un César ressemblant à Trump et qui est poignardé à mort à la fin de la pièce (comme dans la vraie vie).

« Poursuivant le travail de son fondateur visionnaire, Joseph Papp, The Public Theatre se consacre au développement  d’un théâtre américain accessible et pertinent pour tous », explique le site web.

«En créant un théâtre pour un public nombreux et diversifié à New York depuis près de 60 ans, aujourd’hui, The Public accueille aujourd’hui des spectateurs dans de nombreux lieux – en commençant par Free Shakespeare in the Park».

Le site web de la pièce explique:

Magnétique, populiste, irrévérencieux, il tient à avoir le pouvoir absolu. Un petit groupe de patriotes, dévoué aux traditions démocratiques du pays, doit décider comment s’opposer à lui. Le chef-d’œuvre politique de Shakespeare n’a jamais semblé plus contemporain.

Delta Air Lines a mis fin à quatre années de collaboration avec le théâtre en tant que compagnie aérienne officielle du Théâtre public à cause de cette pièce. « Quelle que soit votre opinion politique, la mise en scène crue de Jules César […] ne reflète pas les valeurs de Delta Air Lines », a déclaré la compagnie aérienne dans un communiqué.

« Les directions artistique et créative ont franchi la ligne du bon goût », a-t-elle ajouté. « Nous les avons informés de notre décision de mettre fin à notre parrainage comme compagnie aérienne officielle du Public Theatre immédiatement ».

julius caesar

Bank of America a suivi, déclarant qu’ils retiraient leur financement de la production, mais continueront à sponsoriser d’autres initiatives du Public Theater.

« Bank of America soutient des programmes artistiques dans le monde entier, y compris un partenariat de 11 ans avec The Public Theatre et Shakespeare in the Park », a annoncé la société dans un communiqué publié dimanche sur  » target= »_blank »>Twitter.

« Le Théâtre public a choisi de présenter ‘Jules César’ d’une manière destinée à provoquer et à offenser », poursuit Bank of America. « Si cette intention nous avait été communiquée, nous aurions décidé de ne pas la parrainer. Nous retirons notre financement pour cette production ».

julsi caesar 4

D’autres entreprises sponsors du Public Theatre ont également fait face à des appels sur les médias sociaux pour dénoncer la pièce ou leur demandant de mettre fin à leurs relations avec ce théâtre.

Une porte-parole du New York Times a déclaré que la compagnie ne changerait pas de cap. Dans un communiqué, le NYT a déclaré: «En tant qu’institution qui croit en la liberté d’expression pour les arts et les médias, nous soutenons le droit du Public Theater de présenter la production comme il l’a choisi».

Gregg Henry, l’acteur jouant Jules César a expliqué à Backstage l’importance de présenter Trump par ce moyen artistique.

« Je pense que les ressemblances entre Jules César et notre président actuel ne sont pas exactes à bien des égards », a déclaré Gregg Henry.

« Jules César était un général d’une grande importance dans le monde et un innovateur et un grand chef à bien des égards. Mais il était ivre de son propre ego, bourré de pouvoir, bourré d’ambition et croyant que lui seul doit gouverner le monde.  »

Henry poursuit:

Par exemple, sa phrase: « Je suis la seule personne qui peut le faire », ce qu’il a dit à plusieurs reprises pendant la campagne. Et donc, l’idée pour moi était d’essayer des choses qui vous montreront – et j’ai de superbes costumes et des perruques pour cela– que cela pourrait être Trump. Mais j’essaie aussi d’apporter une plus grande connaissance des tyrans. C’est une sorte de «les plus grands succès d’un tyran» dans [la façon dont j’interprète] les discours et dans la nature de l’ego et dans la conviction qu’un homme est plus important, est au-dessus de la loi, qu’il est la loi. Ces convictions tyranniques sur comment gérer le pouvoir. J’espère que je peux montrer ce qui se passe avec ce président, disséquer ce président pour ce qu’il est de multiples façons et montrer aussi les dangers de traiter avec un tyran ou un tyran potentiel dans notre pays.