Le réalisateur de ‘Dream Boat’ raconte les défis d’un tournage sur une croisière gay

Nous vous avons déjà dit le plus grand bien que l’on pensait de Dream Boat, le documentaire touchant et glamour du réalisateur allemand Tristan Ferland Milewski sur la croisière de la Démence qui sort mercredi 28 juin sur les écrans. Plus de 3000 hommes, de plus de 80 nationalités, embarquent pour The Cruise, une semaine exclusivement gay. Ce qui rend le film attachant, c’est qu’il suit cinq protagonistes, un Polonais, un Indien, un Français, Ramzi, un Palestinien réfugié en Belgique et Martin, un photographe autrichien. Tous arrivent sur le bateau avec des rêves et des illusions et ils vont vivre une expérience unique. Ils se confient au réalisateur, dans des séquences filmées dans leurs cabines, avec une immense sincérité. Milewski filme aussi de façon plus grandiose les soirées à thème, les corps au soleil, la séduction, le sexe, sur fond d’une musique spécialement composée pour l’occasion. De passage à Paris, Tristan Ferland Milewski a répondu à nos questions.

 

Tristan Ferland Milewski, réalisateur de ‘Dream Boat’

 

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le fait de filmer une croisière?

J’aimais l’idée de travailler sur un microcosme, un espace clos, coupé du monde et dans lequel, tous les gens apportent le monde avec eux.  Si vous regardez le monde autour de vous, dans beaucoup de pays c’est dangereux d’être gay. Pour ces hommes, la croisière est un espace de liberté. Mais il y a aussi des restrictions et une nouvelle normativité qui est en jeu sur le bateau, c’est tout cela qui m’intéressait.

 

Comment avez-vous choisi les cinq personnages principaux de Dream Boat?

J’avais fait un repérage l’année précédente avec une équipe réduite pour avoir une première impression. Puis j’ai parlé avec beaucoup de gens, j’ai mis une annonce sur le groupe fermé sur Facebook et j’ai pu discuter par Skype. J’ai choisi comme cela les protagonistes principaux, qui sont merveilleux. Mais il fallait faire attention aussi parce que certains ne voulaient pas être filmés, pour ne pas risquer de problème dans leur pays. J’avais donc le Polaroïd des 3000 hommes présents sur la croisière et au tournage et au montage, je devais faire attention.

 

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Est-ce que vous aviez un scénario déjà écrit ou est-ce que vous êtes laisser guider?

C’est très ressemblant à une fiction parce que je voulais justement repousser les limites du  documentaire avec une esthétique très léchée, des images très cadrées, pour montrer que lorsqu’ils arrivent sur le bateau, les croisiéristes sont plein de rêves. En même temps je voulais des scènes beaucoup plus intimistes dans les cabines. Mais tout est vrai, ce sont des moments authentiques que j’ai filmés. Nous étions ensemble 7 heures par jour et durant une semaine entière, ça nous a beaucoup rapprocher.

Comment cela s’est passé avec l’équipage?

La compagnie qui loue le bateau ne voulait pas qu’on mentionne son nom. Elle prend l’argent des gays, mais ne veut pas que ça se sache! Le personnel a l’habitude des familles, qui ne sont jamais contentes. Pour eux, c’est la meilleure semaine, c’est ce que beaucoup m’ont confié.

Ce qui est fascinant aussi, ce sont ces soirées à thème où beaucoup portent des tenues très élaborées. Comment cela se passe-t-il?

En fait, les thèmes des soirées sont annoncés avant la croisière. Les participants viennent avec leurs tenues. Certains sont obligés de venir en voiture car ils ont plus de 60 kilos de fringues dans leurs bagages!

 

La bande annonce de ‘Dream Boat’: