François Hollande Indonésie

Droits LGBT bafoués: Human Rights Watch interpelle François Hollande avant sa visite en Indonésie

Le président François Hollande est actuellement en voyage en Asie et doit se rendre en Indonésie mercredi 29 mars. Ce pays de plus de 260 millions d’habitants est régulièrement pointé du doigt par les organisations internationales pour ses manquements répétés au respect des droits humains. Le dernier rapport d’Amnesty International indique notamment que la discrimination à l’égard des personnes LGBT s’est « intensifiée après que des agents de l’État ont tenu des propos incendiaires, totalement inexacts ou trompeurs en janvier, sous le prétexte de « défendre la moralité et la sécurité publiques dans le pays ». »

L’association de défense des droits LGBT Human Rights Watch (HRW) interpelle dans une lettre ouverte François Hollande, à la veille de sa visite en Indonésie auprès du Président Joko Widodo. L’organisation exhorte le président français à poser des questions sur les droits humains.

Selon HRW:

« À partir de janvier 2016, des dirigeants indonésiens de premier plan ont fait une série de déclarations anti-LGBT, donnant lieu à une augmentation des menaces, des intimidations et des violences contre les militants et les personnes LGBT, surtout de la part d’activistes islamistes. Jokowi n’a pas su réagir correctement aux déclarations et politiques discriminatoires lancées par d’importants responsables du gouvernement et de l’armée, qui ont alimenté les abus contre la population LGBT indonésienne. »

La lettre de HRW, signée par Bénédicte Jeannerod (Directrice France) et Brad Adam (Directeur Asie), liste aussi les autres préoccupations, concernant notamment la peine de mort, la justice et la « guerre à la drogue », nouveau cheval de bataille de Jokowi. Parmi les 11 demandes suggérées par HRW au Président, quatre concernent les questions LGBT. HRW demande à François Hollande de pousser son homologue indonésien à:

  • Condamner publiquement tous les incidents majeurs de violence et de harcèlement qui ont lieu à l’encontre des personnes LGBT en Indonésie, reconnaître l’étendue et la gravité du problème, et s’engager à prendre des mesures pour mettre fin à ces abus.
  • Ordonner à toutes les institutions gouvernementales des provinces, des districts et des municipalités d’abroger les arrêtés discriminatoires violant les normes internationales ou contrevenant à la constitution indonésienne.
  • Charger la division des affaires internes de la police indonésienne d’enquêter sur les incidents de collusion entre des policiers et des activistes islamistes lors d’attaques contre des personnes et des militants LGBT, et obliger les responsables à rendre des comptes.
  • Ordonner à tous les ministères d’annuler les décrets anti-LGBT et demander au ministère de la Santé de rejeter publiquement l’assertion de l’Association indonésienne des psychiatres, selon laquelle l’homosexualité est une maladie mentale dont on peut établir le diagnostic.

 

François Hollande, qui avait appelé à la tribune de l’Onu à la dépénalisation universelle de l’homosexualité, va-t-il profiter de son dernier grand périple officiel pour faire entendre la voix de la France sur les questions LGBT? A suivre.

 

Image ci-dessus: François Hollande sur la base aérienne de Subang (Malaisie), le 28 mars 2017 (Elysée)