Etats-Unis: Une étude montre que les ados gays et bisexuels pourraient bénéficier de la PrEP, mais il reste des obstacles à surmonter

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Une étude menée pendant 48 semaines sur 78 adolescents gays et bis dans six villes américaines a montré que la PrEP – un traitement très efficace pour prévenir la transmission du VIH – peut réduire le risque de contamination chez les moins de 18 ans [Aux Etats-Unis et en France, la PrEP est réservée aux plus de 18 ans]. C’est un résultat important, en particulier pour réduire la transmission du VIH chez les jeunes hommes bis et gays de couleur qui restent parmi les plus à risque pour le VIH, mais cela soulève aussi un certain nombre de questions sur l’accessibilité de la PrEP chez les jeunes.

L’étude et ses résultats

Tous les adolescents étaient séronégatifs au début de l’étude. On leur a donné du Truvada (un médicament utilisé pour la PrEP) à prendre quotidiennement. Selon les auteurs de l’étude:

Tous les adolescents étaient considérés comme des sujets à risque pour le VIH en raison de facteurs comme le fait d’avoir des relations non-protégées avec un partenaire masculin séropositif ou dont le statut sérologique n’était pas connu, le fait d’avoir au moins trois partenaires masculins ou d’avoir eu une infection sexuellement transmissible autre que le VIH.

A la fin des 48 semaines, seuls trois participants ont été dépistés séropositifs, ce qui signifie que la PrEP a permis à 96% des participants de rester séronégatifs. Les tests sanguins ont révélé que les trois ados qui avaient été contaminés prenaient la PrEP moins de deux fois par semaine, une fréquence qui réduit énormément la capacité du médicament à prévenir le VIH.

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L’étude montre également que la plupart des jeunes participants ont eu du mal à s’en tenir à la prise quotidienne du médicament. Lors de la dernière semaine (la semaine 48), seuls 22% avaient dans leur sang des niveaux de Truvada suffisants pour prévenir le VIH. Lorsqu’on les a interrogés, les participants ont répondu qu’ils craignaient que la prise du médicament fasse penser aux autres qu’ils sont séropositifs.

Cela signifie que si Truvada devenait vraiment et largement accessible aux jeunes gay et bisexuels, il faudrait l’accompagner d’une campagne d’éducation sur la façon de l’utiliser et des faits qui démontent les préjugés et les stigmates associés au médicament.

Les deux obstacles qui peuvent empêcher les adolescents d’accéder à la PrEP

L’Institut National de la Santé (une division du département de la santé américain) a financé l’étude et espère que cela encouragera la Food and Drug Administration  (qui autorise ou non la commercialisation des médicaments) à rendre la PrEP plus accessible aux jeunes, mais soulève quelques problèmes potentiels.

D’une part, on pourrait se retrouver avec des garçons gays ou bisexuels qui prennent la PrEP alors qu’ils vivent toujours chez leurs parents. L’autre problème est celui du consentement parental.

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A l’image des jeunes femmes qui ont besoin de l’accord parental pour des pilules contraceptives ou pour d’autres sujets touchant à la santé reproductive, la stigmatisation et les fausses représentations autour du sexe gay, du VIH et de la prévention pourraient empêcher les parents ou les médecins d’autoriser les jeunes à accéder à la PrEP, en particulier si ces adultes ne connaissent pas le médicament et ses bénéfices.

Enfin, les données semblent indiquer que les jeunes ont besoin d’un soutien communautaire spécifique lorsqu’ils prennent la PrEP, venant de la communauté LGBT, des amis et idéalement de la famille.

Traduction: Xavier Héraud