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En Israël, un film sur trois femmes palestiniennes dont une est lesbienne provoque un tollé

In Between est un film franco-israélien qui présente le destin de trois femmes palestiniennes partageant un appartement à Tel Aviv, en Israël.
Layla, avocate, est originaire de Nazareth et vient d’une famille musulmane; Nour est une femme musulmane pratiquante et étudiant l’informatique à l’université; la troisième, Salma, est une DJ lesbienne qui vient d’une famille chrétienne. Le film a été présenté en première mondiale au festival de Toronto (TIFF) en 2016 ainsi qu’au Festival de San Sebastien où il a reçu trois prix. En Israël, In Between a aussi été chaleureusement accueilli dans les festivals.

Portrait peu flatteur

Mais selon un reportage de l’agence AP, sa diffusion dans le pays provoque parfois des remous. La municipalité d’une importante ville arabe d’Israël a appelé au boycott du film et la réalisatrice, Maysaloun Hamoud, affirme avoir reçu des menaces de mort. On lui reproche les scènes de sexe, de drogues, de fêtes, mais aussi la présence de l’homosexualité et du viol. Un portrait peu flatteur de la communauté arabe israélienne. La réalisatrice s’est défendue, en expliquant: « Il est temps maintenant pour les femmes de venir et de parler, » a déclaré Hamoud. « Jusqu’à présent, nous étions à l’écoute des hommes, et ce sont eux qui ont tout dirigé. »

Le film raconte le quotidien de ces trois femmes, coincées entre une société arabe qui rejette souvent les rôles non traditionnels pour les femmes et une société israélienne qui ne traite pas les Arabes comme des égaux.

Une des actrices explique aussi ce qu’elle a voulu porter. « Le message que je veux envoyer à la société palestinienne est que nous sommes des femmes très, très fortes, » dit Mouna Hawa, qui joue le rôle de Laila.
Sur les réseaux sociaux, selon AP, de nombreux réactions hostiles ont été publiées mais aussi des avis positifs, de la part des Arabes-israélien.ne.s.
D’autres, comme le journaliste satirique arabe-israélien Sayed Kashua, a critiqué une vision caricaturale de la société palestienne, en citant notamment le portrait du méchant du film, le fiancé barbu et musulman.

Les Arabes-Israélien.ne.s représentent environ 20% des citoyen.ne.s israélien.ne.s.