Un gay chinois gagne son procès contre l’hôpital qui avait voulu le rendre hétéro

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Un homme gay de 38 ans né dans la ville chinoise de Zhumadian (ce n’est pas l’homme de la photo ci-dessus) a poursuivi avec succès un hôpital psychiatrique public après que son épouse et sa famille l’avaient entraîné dans le programme de l’hôpital pour le traitement du «désordre de préférence sexuelle».

Après avoir été obligé de prendre des médicaments et de subir des injections pendant 19 jours, l’homme a quitté le programme et a ensuite poursuivi l’hôpital. Un tribunal local a statué en sa faveur et a ordonné à l’hôpital de publier des excuses pour leurs actions dans les journaux locaux et de payer 5 000 yuans (environ 650 euros) pour ses souffrances.

Bien que cela ne semble pas être une immense victoire, les militants locaux l’ont salué. L’Association chinoise de psychiatrie a cessé de classer l’homosexualité comme une maladie mentale il y a 15 ans, mais certains hôpitaux chinois continuent d’offrir des thérapies réparatrices ou de conversion comme moyen de « guérir » l’attirance pour les personnes de même sexe. Certains prescrivent même des médicaments induisant des nausées et une thérapie par électrochocs en faisant payer jusqu’à 530 euros par session.

En 2014, un défenseur des droits des LGBT de Pékin a poursuivi avec succès une clinique de thérapie réparatrice privée. On ne sait pas si l’un ou l’autre des tribunaux a exigé que les hôpitaux condamnés cessent de proposer la thérapie de conversion.

La victoire est cependant importante compte tenu de l’attaque continue du gouvernement chinois contre les droits LGBTQ. Très récemment, le gouvernement a interdit tout contenu LGBTQ sur le web, un mois à peine après avoir interdit une conférence LGBTQ avec 400 participants attendus. Les autorités ont récemment fermé deux applications mobiles pour les LGBT et ont un long passif de harcèlement et d’emprisonnement des militants LGBTQ.

En Chine, la répression sur les LGBTQ ne trouve pas sa source dans des convictions religieuses comme aux États-Unis ou d’autres pays d’Europe, d’Amérique du Sud et d’Afrique. Au contraire, cela découle en partie de l’idée que l’homosexualité perturbe les structures familiales asiatiques traditionnelles. Les militants LGBTQ sont considérés comme des dissidents du gouvernement qui s’opposent à l’orthodoxie de l’État.

Une étude de 2016 a révélé que les étudiants chinois LGBTQ font face à beaucoup plus de violence, de harcèlement sexuel et de négligence que leurs camarades hétéros.