marche des fiertés paris LGBTI

Pourquoi je marcherai (encore) fièrement samedi à Paris

J’ai participé pour la première fois à une marche homosexuelle (oui ça s’appelait comme ça à l’époque) le 4 avril 1981. Un jour qui ne s’oublie pas. D’abord c’est celui de mon anniversaire. Et c’était quelques semaines avant l’élection de François Mitterrand qui avait promis de supprimer les lois discriminatoires et homophobes.
Se retrouver entouré de milliers de gays et de lesbiennes et terminer la nuit dans les bras de nombreux amants (je l’ai déjà raconté dans un livre) donne un boost à votre niveau de fierté.

Depuis, j’ai du en louper quelques unes, le plus souvent parce que le travail me retenait loin de Paris. Vers le milieu des années 80, juste avant la prise de conscience de la gravité du sida, les manifs paraissaient aussi moins nécessaires à certain.e.s.

Si je me souviens bien, la joie de descendre dans la rue et de sentir cette énergie communautaire et cette envie d’être visible me sont revenus lors de ma première participation à une gay pride au sein d’Act Up, en 1990 d’abord à New York, puis en 1991 à Paris.

Marcher avait à nouveau du sens. Dans la communauté gay, affirmer haut et fort son identité de séropo, demander, comme nous le faisions, «aux pédés et aux goudous» de se réveiller ne nous attirait pas que de la sympathie. L’unanimisme actuel sur Act Up, à la suite de la diffusion à Cannes du magnifique 120 battements par minute de Robin Campillo, n’était pas de mise.

Alors chaque année, je me demande si ma place est encore parmi les manifestant.e.s. Certaines années, je critique le slogan, parce qu’il est à rallonge et « qui trop embrasse mal étreint ».

Pour 2017, faire le choix de la PMA est approprié. Je lis avec consternation que certains trouvent cette revendication très limitée et qu’au prétexte que des gays sont arrêtés en Tchétchénie ou ailleurs, on ne devrait pas revendiquer pour l’ouverture de la PMA. Le slogan choisi est celui de l’Inter-LGBT. Il y aura cette année 88 organisations au départ de la Marche et toutes auront aussi à cœur de défendre leurs actions et leur colère aussi.
Ainsi je ne doute pas que le cortège de l’ARDHIS, dont je ferais partie, saura faire entendre la voix des demandeurs et demandeuses d’asile LGBTI.
Il est plus que temps que l’égalité poursuive son chemin et que la France se mette au diapason des autres pays qui ont déjà ouvert la PMA. Il reste tant d’autres combats à mener! La marche n’est jamais aussi belle que lorsque toutes et tous s’unissent, dans leurs différences, pour réclamer la fin d’une injustice. Il faut montrer au public et aux médias que nous sommes une communauté massive et forte parce que diverse et aussi déterminée. Aujourd’hui, croyez-moi, avec les réseaux sociaux, nous enverrons aussi l’image à nos frères et soeurs partout dans le monde. Si comme on peut le penser, le gouvernement va enfin légiférer suite aux déclarations d’Emmanuel Macron, la victoire n’en sera que plus belle.

Bonne marche!

PS, mais qui a son importance. Je suis heureux aussi de pouvoir participer à d’autres manifs de visibilité, comme l’Existrans ou la Pride de Nuit. Marcher samedi ne devrait pas vous empêcher de participer vendredi à 18 heures à la Pride de Nuit, plus revendicative et militante. Qui s’en plaindra?