Jean-Marie Le Pen

Jean-Marie Le Pen jugé aujourd’hui pour plusieurs propos homophobes

Habitué des tribunaux, Jean-Marie Le Pen y fera à nouveau un tour aujourd’hui. L’ancien président du Front National comparaît ce mercredi 7 février pour « injure et incitation à la haine à raison de l’orientation sexuelle » devant la 17e chambre du Tribunal correctionnel de Paris.

Cette comparution fait suite à une plainte de l’association Mousse le 23 décembre 2016. Deux propos étaient visés, comme le rappelle l’association dans un communiqué:

« Le 18 mars 2016, alors qu’il était interrogé sur les affaires de pédophilie dans l’Eglise catholique, Jean-Marie Le Pen a affirmé que « l’abaissement des règles morales est une constante d’une société décadente, et je crois que la pédophilie, qui a trouvé ses lettres de noblesse… interdites, mais tout de même, dans l’exaltation de l’homosexualité, met en cause toutes les professions qui approchent l’enfance et la jeunesse ».

Le 21 décembre 2016, interrogé par des journalistes du Figaro sur la représentation des homosexuels au sein du Front national, Jean-Marie Le Pen a déclaré que « les homosexuels c’est comme le sel dans la soupe, si y’en a pas assez c’est un peu fade, si y’en a trop c’est imbuvable ». »

Europe 1 ajoute que l’homme politique est également poursuivi pour ses propos au moment de l’hommage à Xavier Jugelé le policier gay assassiné sur les Champs Elysées. Dans son journal de bord vidéo, il avait critiqué la prise de parole d’Etienne Cardiles, compagnon du policier à l’hommage national:  « Je pense que cette particularité familiale doit être tenue à l’écart de ce genre de cérémonie, qui gagnerait d’ailleurs à plus de discrétion », avait-il déclaré.

Selon Europe 1, l’avocat de Jean-Marie Le Pen « n’a rien contre les homosexuels » et  « la formule [du « sel dans la soupe »] est teintée d’humour et plutôt bienveillante ». De plus, « Il revendique surtout son droit à exprimer une opinion, il a d’ailleurs une représentativité pour le faire en tant que parlementaire », ajoute l’avocat.

Quand Jean-Marie Le Pen traitait un manifestant de « pédé »

Le fondateur du Front National, qui a 89 ans, est coutumier des déclarations sur les homosexuels.

En 1997, lors de la campagne des législatives, on avait pu le voir traiter publiquement de « pédé » un manifestant anti-FN.

Plus récemment, il s’est régulièrement pris Florian Philippot ancien proche de Marine Le Pen au titre de son homosexualité. Il le surnommait notamment « Don Quichotte de la Jaquetta« , critiquait les « mignons » de celui-ci et pestait contre « la mafia des hétérophobes du FN« .

Jean-Marie Le Pen a déjà été condamné à plusieurs reprises pour des propos racistes et anti-sémites, pour avoir avoir qualifié les chambres à gaz des camps d’extermination de « détail » de l’histoire, ou pour avoir déclaré que les roms volaient « naturellement ».

En guise de provocation ou pour montrer que lui aussi a « des amis homosexuels », Jean-Marie Le Pen s’est rendu hier soir au Cabaret Chez Michou, où il a fièrement posé à côté du directeur du cabaret, lui-même tout sourire.