La Maison Blanche n’est pas ‘sûre à 100%’ que Donald Trump soit au courant de la répression des gays en Tchétchénie

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La violence d’État en Tchétchénie aurait vu jusqu’à 100 hommes tchétchènes gays et bisexuels arrêtés par la police et enfermés dans des centres de détention où beaucoup ont été torturés. Vingt hommes seraient morts à cette répression policière anti-LGBTQ, mais seulement trois décès ont été confirmés par des groupes de défense des droits humains.

Un porte-parole de la Maison Blanche a été interrogé par Chris Johnson, du Washington Blade, sur la raison pour laquelle il n’y avait aucune mention de la Tchétchénie dans une déclaration suite à la réunion du Président Trump avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

« Ah, écoutez, il y a souvent des parties de la conversation qui ne sont pas spécifiquement incluses dans une déclaration … mais je ne suis pas au courant, je n’ai pas eu cette conversation », a commenté Sarah Huckabee Sanders. « Donc, je ne sais pas, je ne faisais pas partie de cette réunion. Je ne peux pas parler de tous les détails et je devrais vous renvoyer au compte rendu sur les détails de ce qui a été discuté.  »

 

Lorsqu’on lui demande si Trump avait été informé en tout sur la Tchétchénie, elle a marmonné: « C’est quelque chose sur lequel je devrais revenir. Je ne suis pas sûre à 100%.  »
Sarah Huckabee Sanders semble confuse elle-même, mais penser que Donald Trump ne sache pas ce qu’il se passe en Tchétchénie fait froid dans le dos.

Comment les autres leaders mondiaux réagissent?

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La chancelière allemande Angela Merkel a été la première chef de gouvernement à s’exprimer sur les atrocités en Tchétchénie.

Lors d’une conférence de presse la semaine dernière avec le président russe Vladimir Poutine lors de sa première visite en Russie depuis 2015, Angela Merkel a demandé à Poutine « d’utiliser son influence pour garantir les droits des minorités » après avoir entendu « des rapports négatifs sur le traitement des homosexuels, en particulier en Tchétchénie.  »

Ses commentaires font d’elle le premier leader mondial à s’exprimer au sujet des rapports en cours sur l’enlèvement généralisé, l’emprisonnement et la torture visant à éliminer tous les hommes gays et bis soupçonnés d’être homosexuels dans la république russe avant le Ramadan (qui débute le 26 mai cette année).

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La Première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, s’est également prononcée, qualifiant ces actes de «totalement barbares».

Theresa May a écrit dans une déclaration: « Des mesures urgentes sont également prises pour explorer la meilleure façon de soutenir la communauté LGBT + dans la région ».

« Vous avez raison de montrer votre inquiétude au sujet de la déclaration inacceptable publiée par le gouvernement régional en Tchétchénie. Le gouvernement britannique a précisé que cette réponse, ce qui implique qu’un tel traitement envers les personnes LGBT + est tolérable, est particulièrement odieux « .

Mais les préoccupations de Theresa May concernant la Russie et la communauté LGBT ne se limitent pas à la Tchétchénie.

May poursuit: « Plus largement, la question des droits LGBT + est régulièrement soulevée par le Royaume-Uni auprès des autorités russes. Je peux vous assurer que nous avons fait part de nos préoccupations, en particulier en ce qui concerne la loi russe interdisant la promotion de relations sexuelles « non traditionnelles » avec des mineurs depuis sa mise en place en juin 2013. »

En France, seul le ministre des Affaires étrangères s’est exprimé publiquement au coté de quatre de ses homologues européens. Mais ni le Président Hollande, ni son Premier ministre n’ont levé la voix. Durant la campagne présidentielle, le Président élu, Emmanuel Macron avait condamné la répression homophobe.

Espérons que Trump apprenne de ses consœurs et se prononce contre ces actes odieux qui se passent contre nos frères et soeurs LGBT.

Traduction: Christophe Martet