La mobilisation contre Roman Polanski président des Césars prend de l’ampleur

Annoncée le 18 janvier, le choix de confier à Roman Polanski la présidence de la prochaine céromonie des Césars ne passe toujours pas.

De nombreuses militantes féministes avaient immédiatement réagi sur les réseaux sociaux et ont appelé notamment au boycott de la cérémonie, le 24 février prochain.

Une pétition pour demander la destitution de Roman Polanski et  lancée sur Change.org a recueilli plus de 43000 signatures au moment où nous écrivons cet article

Roman Polanski, cinéaste franco-polonais, est toujours interdit de séjour aux Etats-Unis suite à une affaire de viol sur mineure en 1977. A l’époque, sur un tournage, il avait drogué, fait boire de l’alcool puis violée une enfant de 13 ans. Et il n’est toujours pas passé devant la Justice.

Message très négatif

Pour la militante Caroline de Haas, le message envoyé par l’Académie des César est très négatif:  «Mettre en lumière un pédocriminel, c’est dire qu’au fond, ce n’est pas si grave».

 

Autre militante, Alice Coffin, très impliquée dans les combats LGBT et par ailleurs membre de l’Association des journalistes LGBT qui s’en est prise notamment au producteur Vincent Maraval.


Pour l’initiatrice de la pétition, Clémentine Vagne, ce choix de Roman Polanski est une insulte:

C’est une insulte aux femmes et à la souffrance qu’elles peuvent endurer, une insulte aux victimes de viol (une femme toutes les sept minutes) qui sont des dizaines de milliers chaque année.
Par ce choix, l’Académie des César se révèlent comme une institution profondément conservatrice quant aux droits des femmes.

L’ancienne ministre de la Culture Aurélie Philippetti, invitée de France Info, a défendu le réalisateur, expliquant qu’on ne pouvait pas à chaque fois revenir sur cette affaire

Mais ce matin, toujours, au micro de France Culture, la ministre des Droits des Femmes, Laurence Rosssignol est, elle, montée au créneau, exprimant son désaccord.

« Je trouve surprenant et choquant que l’histoire d’un viol dans la vie d’un homme ne pèse pas », a déclaré Laurence Rossignol sur France Culture. « C’est un choix qui témoigne, de la part de ceux qui ont décidé de le nommer président des César, d’une indifférence à l’égard des faits qui lui sont reprochés », a-t-elle estimé. « En fait, c’est pas grave, pour les organisateurs, que Roman Polanski soit poursuivi aux Etats-Unis et ait à son actif le viol d’une […] enfant de 13 ans ».