La Lituanie est officiellement le premier pays à accorder des visas aux gays et bis persécutés en Tchétchénie

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Après des informations selon lesquelles le Département d’Etat américain a refusé d’accorder des visas aux homosexuels et bis tchétchènes qui fuient la persécution dans cette république de la Fédération de Russie, l’agence Baltic News Service affirme que la Lituanie avait accordé des visas à au moins deux de ces hommes.

Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Linas Linkevičius, a déclaré au Baltic News Service:

« [La Lituanie] a délivré des visas à deux personnes de Tchétchénie qui ont été persécutées en raison de leur orientation sexuelle. Nous avons toujours soulevé ces questions à la fois au sein de l’UE et dans les structures parlementaires du Conseil de l’Europe – en ce qui concerne la possibilité d’aider et, le cas échéant, d’accorder l’asile. »

Linas Linkevičius a annoncé la délivrance de visas par son pays lors de la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie (IDAHOT). On ne sait pas si la Lituanie en accordera plus.

L’homosexualité est légale en Lituanie, les personnes LGBTQ peuvent servir dans l’armée et jouir de protections contre la discrimination dans tout le pays. Cependant, le pays n’a pas encore légalisé le mariage entre personnes du même sexe ni aucun droit parental ou d’adoption pour les parents LGBTQ.

Le 17 mai, 100 militants des droits LGBTQ ont tenu une manifestation dans la ville russe de Saint-Pétersbourg pour attirer l’attention sur les atrocités en Tchétchénie. La manifestation s’est terminée pacifiquement sans arrestations ni perturbations majeures même si ces manifestations non autorisées sont illégales en Russie. De telles manifestations sont également en contradiction avec la loi de la nation interdisant la soi-disant «propagande gay».

La délivrance de visas par la Lituanie suit des semaines de silence et d’inaction par d’autres gouvernements. Les deux seuls leaders mondiaux qui se sont prononcés contre la campagne d’enlèvement, de détention et de torture de la Tchétchénie ont été la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May.

Trois organisations françaises LGBTQ ont déposé une plainte contre la Tchétchénie auprès de la Cour pénale internationale. Mais les militants du Russia LGBT Network expliquent que la seule façon d’arrêter la violence est l’intervention directe de la Russie.

Cependant, une telle intervention semble peu probable. La Russie a bien mené une brève enquête mais celle-ci a nié les premiers reportages d’information tout en ignorant de nouveaux témoignages de persécutions de réfugiés gays et bis.

Traduction: Christophe Martet

(Image de RossHelen via iStock Photography)