bus transphobe

La police de Madrid immobilise le bus transphobe d’un mouvement d’extrême droite

«Les garçons ont un pénis. Les filles ont un vagin. Ne soyons pas dupes. Si tu nais homme, tu es un homme. Si tu nais femme, tu le resteras.» C’est le slogan qu’ont découvert les Madrilènes le 27 février dernier sur un bus transphobe qui a entrepris de faire le tour du pays.

Le véhicule, affrété par le mouvement ultraconservateur HazteOir, vise à dénoncer les nouveaux manuels d’éducation sexuelle. Ces manuels sur les questions d’identité de genre et d’orientation sexuelle évoquent entre autres les expériences des enfants trans. Il s’agit d’un « endoctrinement sexuel », selon l’organisation connue pour ses liens avec des groupes d’extrême droite internationaux.

Le bus transphobe a commencé à sillonner les rues de Madrid dans la matinée. Mais la mobilisation des LGBT et des politiques semblent avoir payé.
Hier soir, à 20h45, le site DosManzanas affirme que la police municipale de Madrid a été immobilisé dans l’après-midi. Un responsable municipal a expliqué que le véhicule n’a pas respecté les ordonnances municipales en matière de publicité.

Les réactions politiques et associatives s’étaient multipliées dans la journée. La députée régionale socialiste Carla Antonelli avait qualifié l’opération de HazteOir d’«incitation à la haine». Elle avait appelé les autorités de la capitale à réagir. L’assemblée provinciale a adopté en juillet dernier une loi spécifique contre les discriminations homophobe et transphobe.

A Valence, où le bus transphobe avait prévu de se rendre, un rassemblement est prévu ce soir comme l’indique cette image sur Twitter.

En Catalogne, où devait aussi se rendre le bus transphobe (Barcelone, Hospitalet et Sant Cugat), le gouvernement s’est saisi de l’affaire, en vertu de la loi catalane contre les LGBTphobies. Le gouvernement a mis l’affaire devant le Bureau des crimes de haine, considérant qu’il peut y avoir une violation de l’article 510 du Code pénal espagnol, qui punit ceux qui « portent atteinte à la dignité à travers des actions impliquant l’humiliation, le mépris […].