Le détricotage du mariage pour tous n’est plus au programme de la droite pour les législatives

Le site des Républicains a mis en ligne hier le projet de la droite et du centre pour les élections législatives du 11 et 18 juin prochains présenté par François Baroin qui conduit la campagne. Après la défaite à la présidentielle, la droite rêve de revenir aux commandes dans une forme de cohabitation avec le nouveau président, Emmanuel Macron.
La page François Fillon semble définitivement tournée, en ce qui concerne en tout cas les questions de société. Le candidat malheureux, empêtré dans des affaires impliquant sa femme et ses enfants dans des emplois fictifs présumés, a fait perdre son camp, alors que tout semblait indiquer que la droite pouvait remporter l’élection suprême. De plus, Fillon qui s’est toujours opposé à l’égalité des droits, s’est acoquiner avec la frange la plus réactionnaire de la droite. Durant la campagne des primaires, il s’est appuyé sur les réseaux de la Manif pour tous et de Sens commun. Ces deux mouvements homophobes ont obtenu de lui qu’il revoie la loi du mariage pour tous.
Certes, dans le programme pour les législatives, la famille figure toujours en bonne place et est présentée comme un des quatre piliers de la République.
Le projet écrit:

« La famille, parce qu’il n’y a pas de société durable sans la solidité des liens familiaux. Les familles françaises ont profondément souffert de la politique de François Hollande. Elles doivent être confortées. Et parce que nous voulons relancer la politique familiale, nous rétablirons l’universalité des allocations familiales et relèverons le plafond du quotient familial. »

Toutes et tous ne souscriront pas à cette vision puisque grâce à la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples gays et lesbiens, le législateur a justement apporté une reconnaissance à des familles jusque là fragilisées.
En page 10, le projet affiche la volonté de « protéger les valeurs familiales ». Mais plus un mot sur la réécriture de la loi dite Taubira comme c’était le cas dans le projet de François Fillon.
Il y écrivait:

« Réécrire la loi taubira, sans effet rétroactif et en concertation avec toutes les associations concernées, en posant la règle que l’adoption plénière sera réservée aux couples de sexe différent, la filiation n’ayant de sens qu’à l’égard d’un homme et d’une femme. »

Dans ce projet, il s’opposait aussi à la PMA, ce qui n’était pas le cas de plusieurs autres candidats à la primaire dont Alain Juppé et Nathalie Kosciusko Morizet.
Beaucoup à droite avaient critiqué ce positionnement très conservateur du candidat Fillon alors qu’une majorité de citoyen.ne.s sont favorables au mariage, à l’adoption et à la PMA. Les faits semblent avoir donné raison à celles et ceux qui, à droite, ont pris acte de l’évolution de la société.