La ville de Paris s’associe à France terre d’asile pour accueillir des réfugiés LGBT

La ville de Paris vient de signer une convention avec France Terre d’Asile pour deux logements permettant d’accueillir des réfugiés LGBT.

Ian Brossat, adjoint (PCF) en charge du logement à Paris, visitait  ce matin du 13 octobre l’un de ces deux appartements, géré par le bailleur social Erilia. Hornet était là.

La peinture est encore fraîche dans ce studio situé dans une petite rue du IIème arrondissement. Il n’y a qu’un lit pour le moment. Les meubles doivent arriver bientôt. Mais c’est le premier point de chute stable pour Motasem, 28 ans, depuis qu’il a fui la Jordanie, il y a un peu plus de 2 ans.

« Mon frère a découvert que j’étais gay en voyant mon profil Facebook. Il a menacé de le dire à mes autres frères et m’a menacé physiquement. » raconte-t-il dans un anglais fluide. Il fuit en Palestine, mais au bout de trois semaines, il apprend que ses oncles étaient au courant de son homosexualité et qu’ils pourraient aussi lui faire du mal. « Je suis passé en Israël grâce aux Nations Unies, après un entretien de huit heures, où j’ai dû donner beaucoup de détails. » On lui fait rapidement comprendre qu’il ne pourrait pas rester en Israël. Motasem est né au Liban, il possède un passeport jordanien et une carte d’identité palestinienne. Un peu trop pour le gouvernement Israélien. Il est hébergé par des citoyens israéliens avant qu’on lui trouve un pays d’accueil. « Les israéliens ont été très sympas, tient-il à préciser. C’est leur gouvernement qui est merdique. »

L’homophobie dans les camps de réfugiés

On l’a envoyé en France. Il arrive en novembre 2016 dans un camp de réfugiés au sud de Paris. Ce n’est pas un bon souvenir. « Je me suis fait voler mon iPhone 7+ direct. J’ai tout de suite détesté. » Et puis difficile de trouver sa place là bas en étant gay. « Les gens ne l’acceptent pas. Tu ne peux pas porter ce que tu veux. Tu entends toujours des mots comme « salope », « pédé », etc. » La faute selon lui au fait qu’on mette « tous les réfugiés au même endroit. Certains ne sont pas élevés de la même manière que d’autre, ou n’ont pas la même culture. » Il rejoint ensuite une colocation à Aubervilliers, mais l’homophobie le suit. Heureusement, il rencontre un garçon en mars dernier et va régulièrement chez lui à Saint Denis.

Est-il heureux d’avoir cet appartement? « Oui, je peux être libre d’être ce que je suis. La semaine je suis chez mon copain et le week-end nous venons là. Et si jamais nous nous séparons, j’aurais toujours mon appartement à moi ». Aujourd’hui, il veut être coiffeur ou cuisinier. Mais il doit apprendre le français d’abord. Il va donc lui falloir un peu de temps…

Lors de la visite Ian Brossat (ci-dessous, à droite) indique à France Terre d’Asile que d’autres appartements pourront être mis à disposition si besoin. Les représentantes de France Terre d’Asile soulignent que deux hommes gays et une femme lesbienne devront être logés avant la fin de l’année. « Cela ne devrait pas poser de problème », réagit l’élu ouvertement gay.

Ian Brossat

Interrogé sur le sujet par Hornet, Ian Brossat se dit également prêt à travailler avec l’Ardhis (photo de tête), qui a accompagné plus de 1 100 demandeurs d’asile en 2016. Gageons que cette déclaration ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd.

Photos: Xavier Héraud