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La PrEP accessible partout en Europe, c’est pour quand?

A la conférence mondiale sur le sida, qui se tient à Paris jusqu’à ce soir, AIDES et la coalition PLUS ont dévoilé les résultats de Flash! PrEP in Europe : la plus grande enquête européenne jamais réalisée sur la connaissance, l’intérêt et l‘utilisation de la PrEP.

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La PrEP (pour pre exposure prophylaxis ou traitement pré-exposition) désigne une stratégie de prévention comprenant la prise d’un traitement préventif (Truvada), des conseils en prévention et un suivi médical (dépistages et traitements des Infections sexuellement transmissibles).

Durant la conférence, de nombreuses présentations ont montré l’intérêt et surtout l’efficacité de cet outil de prévention. Pourtant, en Europe, seuls quatre pays (Belgique, Ecosse, France et Norvège) ont autorisé à ce jour la prep.
L’enquête Flash (FPIE) visait à évaluer, en Europe, chez les populations clés (HSH, femmes, personnes transgenres…) les connaissances, le degré d’intérêt et le recours informel à la PrEP. Quinze associations y ont participé en partenariat avec l’Université d’Amsterdam dans 12 pays et dans 10 langues entre le 15 juin et le 15 juillet 2016. Près de 16 000 personnes ont répondu à cette enquête, de l’Irlande à la Roumanie et du Portugal au Danemark. Hornet était partenaire de cette enquête.
Le premier résultat de cette enquête montre qu’il existe un manque d’informations de ces populations sur la PrEP. FPIE révèle en effet que seuls 55 % des répondants ayant des pratiques qui les exposent au VIH connaissent l’existence de la Prep. Pour Aides et coalition Plus, il est urgent d’améliorer cette information car parmi ceux qui connaissent la PrEP, 73% se disent intéressées à l’utiliser.

La PrEP est encore très peu utilisée. Seuls 8% des répondants déclarant des pratiques à risque y ont déjà eu recours, dont la moitié dans le cadre d’étude ou de projets de recherche.
Le prix, le non-remboursement, la crainte des effets secondaires sont aussi des freins à l’utilisation de la PrEP.
Hier, dans une autre présentation sur la PrEP, les intervenants ont souligné que l’accès à la PrEp n’était pas seulement une question de santé publique mais de droits humains.
Commentant ces résultats, le président de Aides, Aurélien Beaucamp, déclare: «Si nous voulons avoir un réel impact sur l’épidémie, il nous faut au plus vite harmoniser les politiques européennes de lutte contre le VIH en y intégrant partout ce nouvel outil.»
La version générique de Truvada devrait également être disponible très bientôt, ce qui réduira le coût de la PrEP.

Si on veut envisager la fin de l’épidémie de sida en 2030, il faut que tous les outils de prévention soient largement disponibles. L’Europe entendra-t-elle le message?

Image de la campagne américaine PrEP4Love