Robert Mugabe Onu

5 déclarations homophobes de Robert Mugabe, chef d’État le plus homophobe d’Afrique

Le président Zimbabwéen Robert Mugabe est sur la sellette. Mis à l’écart par l’armée, contesté dans la rue, l’homme politique de 93 ans vit peut-être ses dernières heures à la tête de cet état d’Afrique de l’Est. Arrivé au pouvoir en 1987, il a multiplié depuis des années les déclarations les plus homophobes les unes que les autres et s’est taillé une réputation de chef d’Etat le plus homophobe d’Afrique (en compétition il est vrai avec le président Gambien qui affirme régulièrement vouloir « tuer » ces « vermines » LGBT)

Quelques exemples de déclarations homophobes de Robert Mugabe

En 2010, le Zimbabwe s’est doté d’une nouvelle constitution. Des voix se sont élevées pour y inclure des droits pour les gays et les lesbiennes. Réponse de Mugabe:

« J’ai entendu que quelques personnes veulent discuter de la question des gays dans la nouvelle constitution. Comment pouvons-nous seulement commencer à parler de cela? Les personnes qui ont des comportements homosexuels sont juste fous. Ça n’est que folie, insanité. Nous ne pouvons pas faire cela ou les morts se retourneront dans leur tombe. En faisant cela [avoir un comportement homosexuel], vous détruisez la nation ». »

Un peu plus tard, la même année, il compare les homosexuels à des chiens et des cochons et s’excuse de cette comparaison… injuste pour les chiens et les cochons.

« Aujourd’hui, l’Église Anglicane condamne les mariages entre hommes et entre femmes. L’archevêque de Canterbury bénit de telles unions – c’est un comportement de chien [l’homosexualité]. J’ai réalisé un jour que je m’en prenais à des chiens et des cochons innocents, qui sont conscients, eux, que la finalité du mariage est la procréation. Nous disons non aux gays! Nous n’écouterons pas ceux qui plaident pour inclure leurs droits dans notre constitution ».

En 2011, le Royaume-Uni menace de baisser ses aides aux pays homophobes. Le vieux dictateur voit rouge:

«Cela devient pire et satanique avec un premier ministre comme Cameron qui déclare que les pays qui veulent l’aide britannique devraient accepter l’homosexualité. Venir avec cette suggestion diabolique à notre peuple est une offre stupide». Puis Mugabe, qui s’adresse à des jeunes, se fait menaçant: «Ne vous laissez pas tenter par ça. Vous êtes jeunes. Nous vous punirons sévèrement. C’est condamné par la nature. C’est condamné par les insectes et c’est pourquoi j’ai dit qu’ils étaient pires que les porcs et les chiens».

N’appréciant pas que les Etats-Unis aient ouvert le mariage aux couples de même sexe, il fait alors cette blague douteuse sur Barack Obama:

« Puisque le président Obama supporte les mariages entre personnes de même sexe, qu’il défend les homosexuels et apprécie les beaux visages, il est nécessaire que je me rende à Washington, que je me mette à genou et que je lui demande sa main ». Il avait déjà critiqué l’ancien président américain: « On a ce président américain, Obama, dont le père est africain, qui refuse de nous aider si on ne reconnaît pas l’homosexualité. Mais lui, est-il né d’une relation homosexuelle? […] Non à John et John, et non à Marie et Marie »

En septembre 2015, Robert Mugabe s’adresse aux autres chefs d’Etat depuis la tribune des Nations Unies:

«Il n’est nulle part écrit dans la charte que certains doivent nous juger […]. Nous condamnons les tentatives d’ajouter de nouveaux droits qui sont contraire à nos normes, nos croyances, nos valeurs et nos traditions. Nous ne sommes pas gays!». Rires dans la salle. On aurait pu en pleurer aussi.

Il y a la parole et… les actes. L’homosexualité est illégale au Zimbabwe. Les gays et les lesbiennes sont régulièrement harcelés, persécutés et envoyé.e.s en prison.

En 1999 et 2001, le militant anglais Peter Tatchell a tenté de faire une « arrestation citoyenne » de Robert Mugabe alors que ce dernier était en déplacement à l’étranger. Cela lui a valu notamment d’être brutalement frappé par les gardes du corps du président Zimbabwéen.

Photo de Amanda Voisard via l’Onu