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Homophobie dans le sport: La page facebook de Rouge Direct supprimée pour « incitation à la haine »

[Mise à jour: 2 février, la page est à nouveau en ligne]

De son propre aveu, Julien Pontes, du collectif Rouge Direct, « ne sait plus quoi faire ». Facebook a informé aujourd’hui ce collectif dont l’objectif est d’alerter sur les discriminations anti-LGBT dans le sport que leur page Facebook était supprimée pour « incitation à la haine ».

Nous avons découvert ça aujourd’hui, nous explique Julien Pontes, joint par téléphone. Nous n’avons pas d’autre élément.

« Nous supposons qu’il y a eu une campagne organisée contre nous par ceux qui nous insultent habituellement », poursuit le porte-parole de l’association.

« Nous recevons beaucoup d’injures. D’abord, les homophobes qui passent par là, ensuite les supporters de l’OM — qui parce que nous critiquons parfois l’OM nous prennent pour des supporters de Paris — et l’extrême droite catholique. », détaille-il. Ce sont les derniers qu’il soupçonne le plus d’être à l’origine de l’interdiction.

Julien Pontes nous confie son désarroi: « Nous sommes des anciens du Paris Foot Gay, notre but est de dénoncer l’homophobie dans le sport. Si on nous prive de notre moyen d’expression, que fait-on? », s’interroge-t-il.

En désespoir de cause, Rouge Direct tente d’interpeller le gouvernement et en particulier le secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, ouvertement gay (bien que discret sur le sujet).

Le début de mobilisation paie peut-être puisqu’au moment de publier l’article, Julien Pontes nous informe que la page est à nouveau accessible pour les administrateurs, mais pas pour les internautes.

Depuis sa création, que nous avions évoquée sur Hornet, Rouge Direct a dénoncé à plusieurs reprises le comportement homophobe des supporters de football dans les stades. Exemple: le collectif a saisi en janvier 2017 le ministère de l’Intérieur suite à un match où l’on pouvait entendre les supporters de l’OM crier: « Il faut les tuer ces PD de Toulousains ».

Lors du lancement du collectif Julien Pontes nous déclarait: « Avec ce lanceur d’alerte, nous nous efforcerons de dénoncer, d’informer et d’alerter le plus grand nombre possible de personnes, journalistes, responsables politiques, associations, etc. Nous agirons, comme nous le faisions déjà, afin d’apporter aide et soutien aux personnes victimes de ce qui ne constitue toujours pas une opinion mais bien un délit condamnable, qui n’a sa place ni sur un terrain de sport, ni dans notre démocratie. »

Facebook vient de leur compliquer sérieusement la tâche.