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Royaume Uni: après Alan Turing, des dizaines de milliers d’homosexuels et de bis enfin amnistiés

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Il aura fallu moins de trois semaines pour que la mesure entre en vigueur.

Depuis hier, et après l’accord royal, des dizaines de milliers d’hommes homosexuels ou bisexuels d’Angleterre et du Pays de Galles ont été amnistiés à titre posthume pour des condamnations liées à leur orientation sexuelle.
Cela concernerait 49000 hommes gays ou bis qui sont lavés des peines qu’ils ont subies, des peines qui ne seraient pas prononcées aujourd’hui.
Cette grâce est l’aboutissement d’un long combat des associations LGBT ainsi que des proches d’Alan Turing, ce génie de l’informatique durant la Seconde Guerre mondiale, condamné à la castration chimique en 1952 et qui se suicidera peu de temps après sa condamnation.

La grâce s’appliquera aussi aux victimes encore en vie et qui pourront demander réparation.

C’est le 11 janvier dernier, à Londres, que la Chambre des communes avait adopté des amendements au projet de loi sur la police et la criminalité pour grâcier les hommes condamnés pour des actes homosexuels en vertu de lois homophobes anciennes.

Ce combat avait connu une première victoire en 2009, avec les excuses officielles du Premier ministre de l’époque, Gordon Brown pour la façon dont Alan Turing avait été traité. Turing avait été amnistié en 2013.

L’annonce faite hier a suscité de très nombreuses réactions. Le ministre de la Justice, Sam Gyimah, a déclaré qu’il s’agissait d’une « journée vraiment importante ». Il a ajouté: « Nous ne pouvons jamais défaire le mal causé, mais nous nous sommes excusés et avons pris des mesures pour corriger ces torts. »

De son côté, l’infatigable militant LGBT Peter Thatchell a expliqué: «Le pardon est une importante et précieuse avancée qui permettra de remédier aux graves injustices subies par bon nombre des 50 000 à 100 000 hommes qui ont été condamnés en vertu de lois anti-homosexuelles discriminatoires».
Avant 1967, année de la dépénalisation, les actes homosexuels entre adultes consentants étaient criminalisés au nom de deux textes de loi:

  • Outrage aux bonnes moeurs (Gross indecency) avec un autre homme, introduit en 1885 et utilisé pour poursuivre des hommes lorsque la sodomie ne pouvait pas être prouvée.
  • Sodomie (Buggery): une mention utilisée pour la première en 1553 et qui conduisait à la peine capitale jusqu’au 19e siècle.

La loi anglaise n’évoquait à aucun moment la sexualité entre femmes, ce qui ne signifie pas que les lesbiennes n’étaient pas victimes de discriminations.