La Russie affirme qu’il n’y a « pas de victime, de menace ou de violence » dans la répression homophobe en Tchétchénie

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Une semaine après que la Russie avait promis de mener une enquête sur l’enlèvement, l’emprisonnement et la torture des gays et des bis en Tchétchénie, l’ambassade de Russie en Israël a écrit au journal israélien Haaretz: «Il n’y a pas de victimes de persécutions, de menaces ou de violence, « Même si plusieurs groupes de défense des droits de l’homme et le réseau LGBT russe local disent le contraire.

La lettre de l’attaché de presse Dmitry Alushkin dit en préambule: « Les organes gouvernementaux officiels autorisés de la Fédération de Russie, en coopération avec le gouvernement de la République tchétchène, ont enquêté sur les allégations de la journaliste Elena Milashina dans ses articles publiés dans le journal Novaya Gazeta et dans d’autres médias russes.  »

La lettre d’Alushkin stipule que « ni les autorités chargées de l’application de la loi ni le Conseil des droits de l’homme du président de la République tchétchène n’ont reçu des plaintes à ce sujet ». Il affirme que la prétendue «prison secrète» pour les hommes gays et bis n’est rien de plus qu’un centre de stockage militaire et que tous les reportages ont été des «informations factuellement inexactes … des rumeurs et des spéculations» diffusées par une journaliste qui «a son propre programme … [sans] aucun lien avec la protection des droits des homosexuels.  »

Bien que la lettre se concentre principalement sur les allégations d’Elena Milashina, elle ne fait rien pour dissiper les nombreux témoignages directs des réfugiés tchétchènes dans d’autres médias. Presque tous ces récits mentionnent les électro-chocs utilisés pour obtenir des informations sur les autres LGBTQ tchétchènes.

La dénégation de la Russie sur la répression n’est guère surprenante étant donné qu’un porte-parole du président russe, Vladimir Poutine, a d’abord balayé d’un revers de main les rapports qu’il qualifiait de « non confirmés ». Une porte-parole de l’armée russe a évité des questions sur la violence alléguée lors d’une interview avec la journaliste américaine Katie Couric, et Poutine lui-même n’a même pas lancé publiquement une enquête avant qu’il ne soit interpellé publiquement par la chancelière allemande Angela Merkel.

La Russie a également une loi nationale interdisant la soi-disant «propagande gay» qui pénalise également toute expression ouverte de l’homosexualité ou de l’identité LGBTQ.

Le réseau LGBT russe et d’autres organisations continuent de collecter des fonds et aident les tchétchènes LGBTQ à s’échapper dans des rapports continus de violence.

Traduction: Christophe Martet

(Image principale de Latsalomao via iStock Photography)