Un jeune homme a été condamné pour pédophilie après avoir envoyé une image sexuelle de lui-même

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Le 14 septembre, la Cour Suprême de l’Etat de Washington a condamné Eric Gray, 21 ans pour avoir diffusé l’image d’un « mineur engagé dans une conduite sexuelle explicite ». Le mineur n’était autre que lui-même à 17 ans et l’image était un selfie sexuel de son pénis en érection qu’il avait envoyé à une femme de 22 ans en 2013.

Une affaire impliquant un selfie sexuel devant la Cour Suprême

Eric Gray est atteint du syndrôme d’Asperger, un trouble du développement qui affecte les capacités d’une personne à socialiser et communiquer. Il a envoyé la photo à une femme tout en la harcelant de coups de téléphone chez elle. Bien qu’il ait été inculpé pour avoir envoyé la photo et avoir passé les appels, il a seulement été condamné pour la photo.

Lors qu’il a fait appel de son premier jugement, la Cour d’appel a décidé: « Le législateur peut décider rationnellement qu’il peut protéger les enfants d’eux-mêmes en éliminant toute pornographie infantile, y compris des images auto-produites qui n’ont pas été créées pour des raisons commerciales. »

Le jeune homme a ensuite fait appel devant la Cour suprême avec différentes organisations de protection des droits de l’enfance. Ils ont plaidé que l’Etat n’avait pas le droit de poursuivre un mineur pour avoir pris et diffusé une photo de lui-même.

Même la Cour suprême en a décidé autrement.

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A six voix contre trois, la Cour suprême a affirmé que la loi de l’Etat, vu la manière dont elle était écrite, permettait de poursuivre toute personne qui « développe, publie ou diffuse une représentation visuelle de n’importe quel mineur engagé dans une conduite sexuelle », même si cette personne n’envoie que des photos d’elle-même.

Un grand nombre d’ados envoient des selfies sexuels

Il faut garder à l’esprit que entre 18 et 22% de tous les adolescents envoient des messages sexuellement explicite qui comprennent parfois des images de leurs corps nus et/ou de leurs parties génitales – cela représente entre 7,5 et 9,1 millions d’adolescents aux Etats Unis, soit plus que l’entière population de New York.

Les avocats d’Eric Gray craignent que sa condamnation complique les futures poursuites contre du revenge porn ou d’autres diffusions d’images sexuelles auto-produites.

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Par exemple, si un jeune prend une image sexuelle de lui et l’envoie à un.e amant.e, et que cet.te amant.e partagent l’image en ligne (ou menace de le faire), l’auteur de l’image risque de ne pas en parler à des adultes ou à la police de crainte d’être poursuivi pour avoir pris l’image.

La décision de la Cour suprême affirme qu’Eric Gray a été reconnu coupable de crime sans circonstance aggravante et risque jusqu’à 30 jours d’emprisonnement et 150 heures de travaux d’intérêt général. Il sera également enregistré dans le fichier des délinquants sexuels.

Photo par 4×6 via iStock