SM, inceste, sexualités déviantes: la Cinémathèque française lève le voile sur « Hollywood décadent »

Après la Seconde Guerre mondiale, le cinéma américain règne en maître. Mais dès la fin des années 50, Hollywood est concurrencé par la télévision et les grands studios ne vont bientôt plus faire la loi face au cinéma indépendant. Le Code Hays sur la censure, qui a perduré pendant près de 30 ans vit ses dernières heures et des cinéastes audacieux abordent des sujets comme l’homosexualité (Thé et Sympathie, de Vincente Minnelli), la toxicomanie (L’Homme au bras d’or, d’Otto Preminger) ou le racisme (Mirage de la vie, de Douglas Sirk).

Pour retenir le public dans les salles, l’usine à rêves ne va pas hésiter à employer les grands moyens en produisant ce que les responsables de la jubilatoire rétrospective « Hollywood décadent », actuellement à la Cinémathèque française, qualifient de «films étranges, malades, déviants. Des films non identifiés, pareils à des anomalies passionnantes, obsédés par le sexe et la décomposition.»

Le sexe, bien sûr, est au centre des préoccupations, dans une Amérique faussement puritaine et où le rapport Kinsey a marqué les esprits. L’immense succès du mélodrame totalement délirant sur « qui couche avec qui » Peyton Place (avec l’impeccable Lana Turner) en dit long sur cette nouvelle obsession américaine.

 

Certains vieux routiers d’Hollywood vont jeter leurs derniers feux dans la bataille (Hitchcock avec Pas de printemps pour Marnie ou Mankiewicz avec Cléopatre). Et le public adore aussi voir ses idoles d’antan, les reines du glamour telles Bette Davis ou Joan Crawford, s’écharper comme des vieilles filles décrépies dans Qu’est-il arrivé à Baby Jane?, de Robert Aldrich.

L’homosexualité, masculine et féminine, commence à être le sujet de certains films que présente la Cinémathèque comme le fiévreux Reflets dans un œil d’or, de John Huston, avec Elizabeth Taylor et Marlon Brandon, d’après le roman de Carson McCullers, où il es aussi pas mal question des ado-masochisme.

 

On a aussi souvent dit que le cultissime La Vallée des poupées (Mark Robson) était un film à clefs sur quelques unes des stars de l’âge d’or d’Hollywood, dont Judy Garland. Son personnage dans le film découvre un jour son mari avec un autre homme…

Dans Faut-il tuer Sister George? Robert Aldrich fait le portrait peu flatteur mais jamais méprisant de deux femmes lesbiennes.

La programmation des films de cette rétrospective « Hollywood décadent », conçue par Murielle Joudet et Jean-FRançois Rauger se poursuit jusqu’au 25 janvier. Toutes les infos sur les projections sur le site de la Cinémathèque Française.