donner son sang

Donner son sang sera bientôt possible en Suisse pour les gays abstinents depuis un an

Partout en Europe, les autorités de santé suppriment l’exclusion systématique des homosexuels masculins du don du sang. Après la France fin 2015 et l’Irlande tout récemment, c’est au tour de la Suisse de modifier les conditions pour donner son sang pour l’ouvrir aux gays, aux bis et à tous les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes. Dès le 1er juillet 2017, ils pourront le faire,  mais sous certaines conditions.

La principale condition posée aux HSH pour donner son sang, déjà appliquée dans de nombreux pays, dont la Grande Bretagne et les Etats-Unis, est que le potentiel donneur devra être abstinent depuis au moins 12 mois. De plus, Swissmedics, l’agence du médicament helvétique, demande une surveillance permanente de la nouvelle évaluation des risques ainsi qu’une évaluation du risque posé par les personnes échouant aux tests. Enfin, un rapport sur les effets des nouveaux critères d’aptitude au don des homosexuels doit être établi annuellement.

Transfusion CRS Suisse s’est réjouit de cette décision de Swissmedics: «En raison de l’amélioration de la sensibilité des tests et du respect des critères d’aptitude au don, les innovations n’élèveraient pas le risque pour les receveurs de transfusion sanguine», lit-on mardi dans la dernière feuille d’informations de Transfusion CRS Suisse.

Donner son sang, une gageure pour les gays?

Cet organisme avait dès juin 2016 publié un communiqué de presse titré: « L’exclusion systématique des HSH ne se justifie plus » et dans lequel on pouvait lire: […] le but clairement défini à long terme est de passer à une évaluation différenciée du comportement à risque pour tous les donneurs de sang, comme pour le don de cellules souches du sang [ouvert sans restriction aux HSH]. Le fait d’être HSH ne constituerait plus un critère d’exclusion en tant que tel. Ce serait le comportement effectif du donneur, indépendamment de son orientation sexuelle, qui conduirait le cas échéant à une suspension (généralement temporaire). »

C’est pourquoi, selon Rudolf Schwabe, directeur de Transfusion CRS Suisse, la décision prise par Swsissmedics ne peut être que provisoire et est «loin d’être parfaite». Donner son sang pour les HSH, les gays et les bis reste donc encore très limité en Suisse.