Comme en Tchétchénie, des gays ont été arrêtés en masse au Nigéria et en Iran

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La Tchétchénie continue de dominer l’actualité avec les rapports sur les arrestations massives et la torture d’hommes homosexuels. Le vice-ministre britannique des Affaires étrangères et député conservateur ouvertement gay, Sir Alan Duncan, affirme avoir entendu des informations sur le président tchétchène Ramzan Kadyrov promettant d’éliminer la communauté gay tchétchène d’ici le début du ramadan (26 mai). Ce vœu présumé survient une semaine après que Kadyrov a déclaré qu’aucun homosexuel ne vivait en Tchétchénie.

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Mais la Tchétchénie n’est pas le seul pays à arrêter de nombreux groupes d’homosexuels et de bisexuels présumés.

Arrestations lors d’un « mariage gay » au Nigéria

Samedi dernier, les autorités de l’état nord-nigérian de Kaduna auraient arrêté 53 personnes, hommes et femmes, accusés de conspiration, de réunion illégale et d’appartenance à une société illégale au cours de leur présumée célébration d’un « mariage gay ».

Selon l’avocat de la défense Yunusa Umar, la plupart des personnes arrêtées étaient des étudiants, détenus illégalement par les autorités pendant plus de 24 heures. Un tribunal nigérian les a depuis remis en liberté sous caution avec une audience prévue le 8 mai prochain. Les défenseurs des droits des homosexuels qui connaissent bien l’affaire ces personnes célébraient une fête d’anniversaire.

Le 13 janvier 2014, le Nigéria a signé la loi sur l’interdiction du mariage de même sexe, une loi qui punit quiconque s’inscrit, exerce, soutient ou participe à des «clubs, sociétés ou organisations gays» assorti d’une peine d’emprisonnement de 10 ans. Human Rights Watch affirme que la loi a servi à justifier la violence de la rue, les agressions sexuelles et l’extorsion contre les citoyens LGBTQ du Nigeria.

Un raid anti-gay dans le centre de l’Iran

Le Iranian Railroad for Queer Refugees (IRQR), une organisation humanitaire canadienne qui cherche à exfiltrer des LGBT iraniens persécutés, rapporte que la police iranienne de la province d’Ispahan a interrompu une soirée privée jeudi dernier et a arrêté et torturé 30 hommes âgés de 16 à 30 ans. IRQR prétend avoir reçu des rapports selon lesquels les hommes (dont certains étaient hétérosexuels) ont été battus lors de leur arrestation, emmenés dans la prison de Dastgerd d’Isfahan et ensuite accusés de «sodomie, consommation d’alcool et utilisation de drogues psychédéliques».

L’IRQR dit que ces hommes seront soumis à des examens anaux forcés pour «prouver» leur homosexualité et éventuellement exécuter s’ils sont reconnus coupables. De tels examens sont une forme commune de harcèlement, d’intimidation et d’agression anti-homosexuels qui équivalent à la torture et n’apporte aucune preuve de sexe anal. Ils sont aussi pratiqués dans de nombreux autres pays, comme en Tunisie. Très récemment, dans ce pays, les autorités médicales ont dénoncé cette pratique.

Alors que l’Iran et le Nigéria ont tous deux une grande population musulmane, le Nigéria abrite également une grande population chrétienne elle aussi homophobe. Les musulmans pro-gays expliquent que la persécution des citoyens LGBTQ dans ces pays est d’origine culturelle plutôt que religieuse.
Traduction: Christophe Martet

(Image par jinga80 via iStock)