voguers of Paris Steffie Mizrahi

Voguers of Paris: Hornet vous fait découvrir les origines de la scène voguing française

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« Le voguing, c’est plus qu’une danse, c’est une culture », aime à rappeler Lasseindra Ninja, l’une des pionnières du voguing en France.

A l’occasion du United States of Africa Ball, l’événement voguing de l’année, qui s’est tenu le 28 octobre dernier à Villejuif, Hornet s’est penché sur la façon dont cette culture s’est implantée en France à la fin des années 2000 et au début des années 2010, puis comment elle s’est développée depuis jusqu’à pratiquement rivaliser avec la scène américaine. Comment tout a commencé? Comment fonctionnent les houses? Qu’est ce qui se joue pendant les balls? Qu’est ce que cette culture apporte à celles et ceux qui en font partie? Nous examinerons ces thématiques dans une série de vidéos, réalisées par Chriss Lag (Paroles de King) et l’auteur de ces lignes, qui suit la scène en tant que photographe depuis plusieurs années. Vous pourrez y faire la connaissance de plusieurs figures de la « Paris ballroom scene » qui témoigneront de leur parcours et de leur vécu au sein de la scène.

Pour le premier épisode, intitulé « Origin » (« Les origines »), nous avons interviewé les deux précurseures — les « pionnières » dans le vocabulaire de la ballroom — de la scène dans la capitale française, Mother Lasseindra Ninja et Mother Steffie Mizrahi (photo).

Elles nous racontent comment après avoir toutes les deux vécu aux Etats-Unis elles ont lancé le mouvement en France.

Voir la vidéo Voguers of Paris, chapter 1: Origin

Le voguing, une danse inventée dans les années 70

Le voguing est à la base une danse inventée à New York à la fin des années 70, inspirée par les poses des mannequins dans le magazine Vogue. Elle s’exprime principalement au sein de balls, qui s’inscrivent dans la grande tradition des balls de Harlem des années 20, décrits par George Chauncey dans Gay New York. Celles et ceux qui y participent – essentiellement des gays et des femmes trans noir.e.s et latinX – sont structurés en collectifs, les « houses ».

La culture s’est faite connaître grâce au célèbre documentaire Paris is burning, de Jennie Livingston (visible sur Netflix). Critiqué sur certains aspects — notamment une approche un brin sensationnaliste —  le film n’en reste pas moins un témoignage précieux de l’époque, avec le témoignage de figures légendaires comme Willi Ninja ou Pepper Labeija. La photographe française Chantal Régnault a également documenté cette époque dans son livre Voguing and the house ballroom (Soul Jazz Books). Depuis, il y a eu plusieurs documentaires: How do I look? et Kiki pour la scène américaine ; et Paris is voguing  pour la France. De son côté, la chaîne Youtube Paris Ballroom TV documente les balls parisiens depuis plusieurs années.

Photo par Xavier Héraud